vendredi 6 mars 2015

Lumière fossile /23

Le Nu ? : Et oui, c’est une grave et grande et bonne question : le Nu. Grave parce que c’est une source régulière de conflits réguliers, intimes, politiques, politiques et intimes, ces conflits se massent réciproquement la barbichette devant le beau et le beau c'est le Nu. Trop spontanément utilisé parce que trop spontanément marqué par la pulsion et inversement, par les utilisateurs de tels procédés trop marqués pour ne pas être trop spontanés dans leur réponse à la question que placer là ? Un Nu. Qu’utiliser de facile et qui procure ou induit beaucoup de plaisir ? Un Nu. Oui je sais c’est désolant, pas désopilant, c’est ainsi, non ce n’est pas ainsi c’est un ainsi traficoté et je suis fort fort, en rapport avec ces réflexes identiques fort fort partagés et proches, scindé entre le plaisir de oui et le politique qui dit non. Comment traduire le monde du désir ? Un Nu. Comment traduire mon monde de désir inexprimé ?  Un Nu ? Comment traduire en désir ce qui n'est que de l'indifférence à la publicité : Un Nu. Comment traduire le plaisir que j’ai à partager un paysage avec lui-même ? Un Nu. Y’a-t-il des bons Nus ? Aussi bien esthétiquement que partant et arrivant avec de bons sentiments ? Esthétiquement oui, avec de bons sentiments non. Le Nu selon nos préférences sexuelles est utilisé a été le sera, comme ceci ou cela. Le Nu à toutes les sauces, le Nu est une sauce, Le Nu c’est un réflexe de créateur autant qu’un réflexe de publiciste traduisant analogisant Nu par sauce épaisse nimbant une glace au caramel en gros plan. Métaphore du Nu au delà carrément du Nu, du Nu en action sexuelle en rapproché, ça luit ça coule donc : désir de consommer. Comment, pas toi ? Le nu est forcément érotique, pour vendre il faut faire bander, mouiller, on connaît la chanson par cœur. Et le Nu dans le cas d’un dessin de X ou de Y qui précise que c'est un hommage, à Z à U, à l’amour qu’ils représentent ou à l’admiration de l'amour et de la représentation, à la danse au corps tout court, certes certes, ça peut mais c'est encore un Nu ; un nu Nu plus que Nu. Mais n'y on t-ils pas réfléchi autrement qu'esthétiquement et spontanément cet X et cet Y ? L'artiste est il une machine à poncifs sexuels à standards irréfléchis ? Visiblement, intimement, tant qu’il y a du désir on ne peut se poser la question : pourquoi ce Nu qui me vient là ? ce serait faire fi, refouler sauvagement et en même temps nier ce réflexe esthétique de peintre de photographe qui ne se posent pas de question, comme d’autres qui dans le choix du sujet et de la palette limité des peintres de jadis choisissaient la pomme plutôt qu’autre chose, ou la pipe. Avec une vache ça ne fonctionne pas comme ça.


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