vendredi 17 juillet 2015

Sa propre nature

« Seule une régression permanente rend les classes inférieurs aptes aux tâches abrutissantes qu'exige d'elles la civilisation autoritaire. C'est justement ce qui, en elles, paraît informe qui est le produit de la forme sociale. Les barbares engendrés par la civilisation ont toujours été utilisés par celle-ci pour maintenir en vie sa propre nature barbare. La domination délègue à certains de ceux qu'elle domine la violence physique sur laquelle elle s'appuie. Tandis que ceux-ci ont la satisfaction de laisser libre cours à leurs instincts faussés avec l'approbation et la sanction morale de la collectivité, ils apprennent à perpétrer ce dont les autres, les individus nobles, ont besoin pour rester noble. L'auto-éducation de la clique au pouvoir, avec toute la discipline, l'étouffement de toute impulsion immédiate, le scepticisme cynique et l'aveugle volupté du commandement qu'elle requiert, serait impossible , si les oppresseurs n'utilisaient les opprimés pour se préparer à une part de l'oppression qu'ils font subir aux autres. C'est sans doute pour cette raison que les différence psychologiques entre les classes sont bien moins nettes que les différences économiques objectives. »

 (Adorno - 1946)

Languisme

« 5 mai. Plus il le dit, plus il y pense et plus c'est la même chose, plus le problème, le sale problème est de s'organiser des temps des séances et les postures des productions, plus c'est l'organisation matérielle du temps qui compte, les heures auxquelles on va occuper le terrain, les horaires et les distributions d'outils. Rien à faire, sauf faire très-très attention à quelles plumes, quels papiers, à quelles heures, quand, comment et où. On ne faire rien d'autre que mettre la langue en position, la mettre au lieu et en posture. C'est la langue qui se produit elle-même, qui se reproduit. On n'écrit pas, on donne le lieu et l'heure où la langue se reproduit. C'est le languisme. La langue qui se produit elle-même, qui se reproduit. Entre un homme atteint de languisme. »

(Novarina)


dimanche 12 juillet 2015

En faut-il peu importe l'absolument la poésie et dire qu'ils ?


Malherbe : « Un bon poète est moins utile qu'un jeu de quille. » Quel visionnaire ce Malherbe ou, quel andouille ? Faut il ignorer la mauvaiseté des poètes qui pullulent comme pour faire honte (hou hou hou) à la poésie et dire qu'il en faut absolument ? Cette idée de l'ancêtre si c'est ce qu'il a voulu dire nous est assez contemporaine, quotidiennement, on entend des paroles comme : « ils sont le rempart, la voie, l'horizon, la gageure, ils doivent être là, partout, proclamer surtout là où ça lutte par les mots, si eux ne le font pas qui le fera, ils doivent occuper le terrain Absolument occuper. Occuper exprimer et peu importe la qualité, voilà un beau slogan. Auditivement plus que visiblement, un slogan poétique. Comment écrivent-ils ? Plus que, pourquoi écrivent-ils. Ça on s'en fout un peu de la pulsion de chacun « ...Moi même, mon cher... ». Non pas, que disent-ils (alambique) mais comment le disent ils  ? Peu importe (vraiment ?) si la plupart sont très mauvais, peu importe s'ils insistent, Il en faut des poètes, hein, il en faut des poètes et il faut des festivals quand ils survivent poètes et festivals, où ceux qui doivent absolument être là, sont là ? Pas tous. Certains. Mais il faut de la poésie, hein, La poésie qui doit maintenir et sauver le monde... existe incarnée par tous ces poètes etc etc etc... Malherbe va encore se faire des amis poètes...





samedi 11 juillet 2015

Ode à la laïcité

« Mes tics »

"Sur Terre, y a des gens, c’est drôle
Qui possèdent un tic nerveux
Y en a qui haussent les épaules
Ou qui clignent des yeux.
Moi, je suis un phénomène
Car au lieu d’un tic seulement
J’ai, chaque jour de la s’maine, un tic différent.

{Refrain:}
Le lundi, je fais comme ceci : (Onomatopées 1)
Le mardi, je répète sans répit : (Onomatopées 2)
L’mercredi et l’jeudi,
Ça c’est régulier
Mon gosier sort ce cri singulier : (Onomatopées 3)
L’vendredi, je fais sans le vouloir : (Onomatopées 4)
Le samedi, je fais matin et soir : (Onomatopées 5)
Et l’dimanche, c’est épatant
Je les fais tous : (Onomatopées 1 à 5)
En même temps.

Vous croyez que c’est pas terrible, ce machin-là, enfin...
Tenez, je vais vous expliquer l’origine de mes tics.
Eh ben, le premier là, par exemple, là, le :...
Eh ben, quand j’étais tout petit, figurez-vous,
Je ronflais et ça m’est resté.
Alors, je fais tout le temps :...
Le deuxième, le :...
Eh ben, ça, c’est aussi, quand j’étais tout petit,
Eh ben, ma maman, elle avait des grandes difficultés
À me faire faire mon petit pipi.
Alors, elle me faisait tout le temps :...
Le troisième, le :...
Oh, ça, j’avais une petite sœur
Et elle s’amusait à me faire peur
Elle se cachait dans les coins
Puis, elle me faisait : Hou!
Alors, moi, je faisais :...
Le quatrième, le :...
Oh, ça, c’est une autre histoire.
Alors, mon père, il avait un âne
Et cet âne, il était têtu comme un mulet
Il voulait pas avancer.
Alors, on le tirait par la queue, il se fâchait
Il faisait :...
Et le dernier, le :...
Eh ben, ça, j’avais un petit chat
C’est moi qui lui faisais des blagues.
Je lui courais après
Je lui attachais des casseroles après la queue
Et il se retournait et il me faisait :...
Et voilà...

Comme il avait une place à prendre
Un filon exceptionnel
Pour l’avoir, je me présente chez mon colonel.
Il me dit, d’une voix polie :
Mon garçon, vous me plaisez.
Qu’est-ce que vous faites, dans la vie?
Moi, j’y ai répliqué :

{au Refrain}

Je viens d’faire un beau mariage
Avec une jeune fille très bien.
Depuis que j’suis en ménage
Sur elle, je déteins
Et le soir, quand ses caresses
Ses baisers me font d’l’effet
Tous les deux, avec ivresse
Savez-vous ce qu’on fait?

Le lundi, on fait comme ceci : (Onomatopées 1)
Le mardi, on répète sans répit : (Onomatopées 2)
L’mercredi et l’jeudi
Ça c’est régulier
Notre gosier sort ce cri singulier : (Onomatopées 3)
L’vendredi, on fait sans le vouloir : (Onomatopées 4)
Le samedi, on fait matin et soir : (Onomatopées 5)
Et l’dimanche, c’est épatant
On les fait tous : (Onomatopées 1 à 5)
En même temps."



jeudi 9 juillet 2015

mardi 7 juillet 2015

Cinéma juillet

Le cinquième pouvoir / Benedict Cumberbatch
Mustang / Deniz Gamze Ergüven
Polar / Jacques Bral