Traumatisé on ne le répètera jamais assez par la sournoise guerre que je n’ai pas connu, par la mémoire de ceux dont on a essayé de détruite la mémoire à défaut des corps mais la plupart du temps absolument les corps…, (car) non seulement entrant dans une pièce j’en cherche l’issue de secours, la seconde porte d’allée dans une allée, éventuellement un tuyau de descente un fil d’antenne sur une façade c’est à ce point, des parpaings saillants restant à l’angle d’une maison jadis détruite…, souvent habité moi-même comme en ma propre cage de survivant, vivant pour l’éventualité de construire un faux plafond un faux parquet une réelle trappe débouchant sur une fausse pièce véritable qui nous sauverait, un double dissimulé par une vrai fausse cloison pour héberger, loger, soi-même, nous, le temps d’un danger qui souvent dure plus que de raison, plus longtemps qu’un cycle digestif simple d’où cette question que l’on retrouvera posée lors de la construction du lieu de secours la cache secrète ses entrées mais aussi ses évacuations, comment faisaient-ils pour les fonctions élémentaires du corps, sachant certes que la nourriture peu variée pouvait causer des retards du transit ? … où en étais-je ? Pas si loin en fait. Dans les jours proches de l’avenir toujours incertain, nous devons habiter sous le même toit, entre les mêmes murs sachant qu’au ré-de chaussé même il me faudra une issue de secours, une grotte une cabane un lieu de stock, de repli... Devrais-je dans cet inquiétant futur proche cette rêverie malsaine regardée, même, ces jours à la loupe plutôt qu’aux jumelles de marine, pour contrecarrer ton angoisse à la perspective horrifiée du débarquement de mes chalutiers de mes croiseurs de mes péniches bourrées d’archives et de corps morts en représentation, textes photos et vides profondément laissés par leur absence, ne devrais-je pas soupçonnant le pire l’avenir l’inconnu, le monstre s’étalant entre-nous deux de tout son aise, guerre à sa façon, la larve d’un conflit dévorant les racines de notre histoire, ne devrais-je pas dis-je, empiler quelques éléments solides quelques cartons dûment bourrés remplis de ces archives indestructibles et miennes dans cette cave insalubre qui bien que nous travaillions à sa salubrité ne sera jamais hélas optimum, mais au moins proche je serai, proche des murs proche de toi à l’étage, je serai habitant là car il en est question même si c’est en dessous et que pour l’occasion qui me correspond assez mal mon totem serait le rat ? Proche là des bouteilles comblant le temps l’ennui du temps et pour combien de temps en aurais-je et le goût pour le bon vin qui ne nourrit pas tant que ça, combien dure t-il dure t’il ou désespère t-il de durer en rien aussitôt parti que bu ? Car il faut être vraiment tranquille pour le boire et en compagnie, où serait la compagnie et à quel rythme ? …La nourriture donc, l’approvisionnement et l’évacuation, donc…, et ce qui me hante, la « création ». La création ? Pariétale sans doute, à la cuillère lausanoise, incrustée dans le sapin sec suivant les veines, aux ongles dans le mâchefer, au silex au tesson l’un contre l’autre car il nous faut de la vibration de la trace, et palimpsesque à coup sur, les surfaces n’étant pas infinies les poutres limitées et le béton bien dur et ce qui dure dure durement oui, le temps pourtant sans matière se manifeste là. Plus tard il faudra gratter retrouver sous le salpêtre si on échappe à tel ou tel bombardement ici ou là, après la « libération », même dans ces dimensions parallèles doit exister une « libération », personne n’échappera à ce haut lieu de la résistance pétrifiée, culte votif, iconique, logo des temps futurs, les images les motifs répétés en seront devenus intraduisibles mais précieux, inscrits au patrimoine de notre humanité. Que choisir ?
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire