mardi 27 mars 2012

Des morts

Toutes les fois que je passe à proximité de Pise je lève les yeux vers le ciel, c’est devenu un réflexe, de l’horizon des collines proches, au ciel vers les premiers nuages s’il y en a, pour voir non pas un quoi du paysage non vu jusque là, mais un qui, Tabucchi s’il n’émerge pas de derrière ces collines, lui, cet « immense écrivain » comme disent certains journalistes, devrait alors se voir d’ici. C’est, c’était un très grand, il est mort le week-end dernier, sa mort, la remarque banale et médiatique de sa mort, estompée gommée soufflée par le tueur du sud ouest et la grosse semaine, week-end compris, qui lui a été consacrée. De même que la mort des trois pintades sur l’autoroute n’a plus intéressé personne. Quelqu’un a-t-il pensé que s’il avait filmé ses exploits macabres, c’était à la demande de ses supérieurs, pour qu’il puisse être ensuite évalué puis noté ? Oui je sais ça devient une obsession. Nous ne sommes pas non plus jour après jour parmi les petits papiers de la DST. Dans ce cas là qui nous préoccupe, l’évaluation est superflue, le jeune homme exalté qu’ont tant venté les médias, qui assassinat sept personnes dont trois enfants à bout portant, ce jeune homme a un peu raté sa fin, ou précipité, ou choisi de…, bien que « choisi » sonne comme « doute », je ne sais pas, comme pas mal de choses, des éléments m’échappent, chaque fois que quelqu’un saute par une fenêtre pourchassé par un service d’ordre, n’est ce pas comme s’il se sentait obligé , ou intimé voir aidé ? Mais passons, oublions vite ce bref instant de parano idiote et facile, chacun fait son boulot certains poursuivent d’autres sautent. La mort de Tabucchi, soufflée, estompée… ou alors je n’ai pas tendu l’oreille au bon moment, après tout la mort des célébrités m’importe peu, sa mort est nettement moins intéressante il faut le dire que celle du jeune homme qui s’est beaucoup agité, lui Tabucchi c’est surtout sa vie qui devait intéressante alors que celle du jeune homme exalté…, donc l’assassin aurait filmé son œuvre macabre, pour une évaluation inutile aujourd’hui ? Mais a-t-il eu le temps de transmettre ses films à qui les attendait, des yeux habitués à l’image rapide, des yeux qui demandent encore de cet objet de vitesse, en gros, non pas des objets en mouvement mais des mouvements comme objets…, le nombre de petites caméras qui se sont vendu l’hiver 2011/2012, aux skieurs particulièrement, fixées sur les fronts sur les ventres sur les genoux pourquoi pas sur les sexes bien que les sexes sont difficilement repérables sous une combinaison de ski toujours un peu monstrueuse…,

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