« Une simple empreinte peut indiquer, si l’on prend en compte sa plus ou moins grande netteté et la consistance de la neige, l’instant précis où est passé le guanaco, le poids et l’âge de l’animal, et l’opportunité de lui donner la chasse. En examinant l’enfoncement des doigts du sabot dans le sol, on peut déterminer quelle direction suit l’animal, s’il galope(poursuivi par d’autre chasseurs dont il faut soi-même se méfier), s’il trotte (de ce trot hésitant de qui a perdu le troupeau et se croit, peut-être à tort, vulnérable), ou si, pressé par la faim, son odorat tellement supérieur au nôtre lui a permis de flairer de très loin une de ces pâtures de morte saison qui ne se rencontre qu’aux abords des rares sources d’eau douce. Par ailleurs la torsion du pied, aisément perceptible dans la déformation de la trace, dénonce la maladresse du guanaco à contourner les obstacles, j’en déduis qu’il est blessé, fatigué et que, fuyant un Grand Chat, il cherche son salut dans les hauteurs, au-delà de notre Mission, vers les sommets où habitent les troupeaux sacrés si renommés pour leur fourrure argentée, et dont plusieurs poils adhérant à l’empreinte nous fournissent un échantillon. »
(Brizuela cit. Whirling / Le plaisir de la captive)
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