lundi 13 juin 2011

Librairie

Beaulieu le 12 juin

Cher H.

Lecture publique mardi dernier, en compagnie de F. en librairie à Paris pour une poignée d’un sympathique public. Malgré la crève encore proche, la voix hier à l’eau, la voix a tenu, la gorge allait et venait, rendait une sorte de son intéressant ? Le haut du nez, le haut de l’instrument, plein en alternance, empêchait toute résonnance. Loin d’avoir une voix fixe, la voix n’est jamais totalement fixée à l’avance.

Qui ne rêve pas d’avoir une puissante voix articulée mettant merveilleusement en valeur le texte déjà excellent (hin hin… !) ? F. jalouse la voix de A. épaissie par le whisky et la cigarette, quelle drôle d’idée…

« Vous n’êtes pas un bon lecteur », me dit V. Cela est vrai, même en lecture silencieuse je mâche les mots. Je mâche culturellement les mots et héréditairement (les chats font-ils des chiens ?) je lis trop vite, vite comme je parle (voir Père). Ça agace ça fatigue ça ne charme pas comme il faudrait, un tel numéro, mais j’insiste, j’aime quand même bien ça. Pas assez respectueux des silences des poses de l’insistance théâtrale minimum je poursuis.

« Ils » demandent tous, demandent-t-ils tous, du cathartique, du fort, de l’incontournable, du dictatorial du fouet, de l’admirable oui, du désertique de l’écho du résonnant, du pilori du stylite de l’amphithéâtral, même V. ? Il semble oui. Plus que du livre du texte lu, de la comédie et non du climatique, de l’époumoné plutôt du faible ou des baisses de tension. Moi-même ce pathologique de la lecture, que réclame-je d’un lecteur ? Oh, résumons, touillons et mettons en pot. Des hauts et des bas, de la diversité mais surtout pas de la puissance, ça non.

Climatique donc, pas prêt d’arrêter, de plus en plus paisible, la voix pourrait bien s’arrêter net que je considérerais ça comme naturel, ferais avec (ferais quoi d’ailleurs ?), ferais. Et authentique pour le coup, non ? J’accepte mes défaillances qui sont ici, j’aurais tendance à le penser, des qualités. Rassurons-nous.

Avec une telle posture, je me retrouve complètement « nu » dirait B.. Au texte de fin, un coup d’hypoglycémie proche du malaise (faut manger mon vieux !), j’ai cru que j’allais me résorber. La banane que F. m’avait proposé une heure, avant n’a pas suffi.

F. quant à lui, n’était pas très bon, hésitant-habitant de son texte et peu du corps, du corps de la chose. Fatigue, excès de lecture, confort de l’habitude ? Il est ces derniers temps, très demandé, on apprécie sa fragilité, c’est ce que j’ai compris. Est-ce bien ça ?

L’important, c’est qu’une fois de plus nous y avons été et directement, du producteur au consommateur, sans la filière « comédien assermenté » que pas mal attendent, souhaitent désirent…, et que pour ma part je déteste.

Le débat ? Au début j’ai répondu comme un enfant, on me parlait comme à un enfant, à propos de ces textes qui ont un caractère infantile dans le ton, un caractère de conférencier infantile. Un enfant est caché dans chaque texte de ce type.

Cher H vous n’avez pu venir, vous même en déplacement à M. la capitale européenne du crime et de la poésie, Qu’avez vous manqué (au juste) ?

Bien à vous, C.

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